Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 11:05

 

 

Louis XVIII prêtant serment à la Charte de 1814, Gravure

 

Rare gravure rehaussée aux couleurs du temps.

Décor double-face représentant :

 

LE ROI LOUIS XVIII PRETANT SERMENT A LA CHARTE DE 1814,

SERMENT DU 16 MARS 1815.

 

et au verso :

 

LA COLONNE VENDOME ENTOUREE DE LA LISTE DES PAIRS DE FRANCE, DES DEPUTES, DES ECRIVAINS LIBERAUX ET DES CITOYENS UTILES.

 

EPOQUE RESTAURATION.

 

Diamètre : 10 cm.

 

Cadre en métal doré estampé à décor d’une frise de feuilles d’eau.

 

 

Description du recto :

 

Le roi Louis XVIII, ovationné et entouré de Français de toutes conditions, prête serment à la Charte Constitutionnelle du 4 juin 1814 présentée par la figure allégorique de la France, au pied d'un autel portant l'inscription "SERMENT du 16 mars 1815 - le ROI, les princes, les pairs, les députés, l'armée, tous les fonctionnaires publics ont jurés de la maintenir".

 

La scène est entourée des inscriptions :

"Aucun des articles de la Charte ne sera remisé. VIVE LA CHARTE! Elle a fermé l'abîme des révolutions."

"Le dépôt de la Charte constitutionnelle et de la liberté publique est confié à la fidélité et au courage de l'armée, des Gardes nationales et de tous les citoyens. Loi du 15 mars 1815.

 

Description du verso :

 

La colonne Vendôme (sans la statue de Napoléon) est entourée des listes des pairs de France, des députés, des écrivains libéraux et des citoyens utiles.

 

"Honneur aus Défenseurs des Droits et des Libertés de la Nation, année 1820"

 

Liste des Pairs de France : comte Boissy d'Anglas, comte Chaptal, duc de Choiseul, comte Daru, prince Davoust, Gouvion Saint-Cyr, comte Mollien, maréchal duc de Moncey, maréchal duc Mortier, duc de Praslin, marquis de Saint-Simon, maréchal duc Suchet.....

 

Liste des Députés : Caumartin, Benjamin Constant, Daunou, Delessert, Foy, Girod de l'Ain, Lafayette, Lafitte, Alexandre Perrier, Casinmir Perrier, Saint-Aignan, Voyer d'Argenson.....

 

Liste des Écrivains Libéraux : B.Constant, Lacretelle, Boissy d'Anglas, Dupaty, Ségur, Casimir Delavigne, Beranger.......

 

Liste des Citoyens Utiles : Lafitte, Perrier, Chaptal, Gerard, Vernet, Bosio, Didot, Lamarque, Exelmans, Gouvion Saint Cyr, Drouot......

 

 

LA CHARTE DE 1814

 

 

Le Gouvernement provisoire et le Sénat rédigent un projet de constitution d'inspiration monarchique le 6 avril 1814. . Cette Charte n'est mise en application qu'en juin 1815, après l'intermède des Cent-Jours.

La Charte se veut un texte de compromis, conservant de nombreux acquis de la Révolution et de l'Empire, tout en rétablissant la dynastie des Bourbons. Son titre met en évidence le compromis, en effet le terme de « Charte » fait référence à l'Ancien Régime et « constitutionnelle » fait référence à une volonté révolutionnaire.

La Charte met en place un régime dominé par la personne du roi, qui a un rôle fondamental dans les institutions : « L'autorité tout entière réside en France dans la personne du Roi ».

C'est un écrit regroupant un ensemble d'articles qui définissent les responsabilités des acteurs de l'État français (Roi, Législatif, armée) :

  • Garantie des droits individuels, droit de propriété, liberté de presse et d’expression, liberté religieuse (le catholicisme est proclamé religion d’État).
  • La conscription est supprimée.
  • La vente des biens nationaux n’est pas remise en cause, seuls ceux non vendus sont remis aux anciens émigrés.
  • Le pouvoir exécutif appartient au roi (droit de paix et de guerre, alliances, nomination aux emplois). L’article 14 attribue au roi le droit de légiférer par ordonnance « pour l’exécution des lois et la sûreté de l’État ». Il est le chef des armées. Louis XVIII, "souverain par la grâce de Dieu", a l'initiative des lois et les promulgue. Il désigne les ministres, qui peuvent être mis en accusation devant la Chambre des députés. Les ministres peuvent être choisis parmi les membres de deux chambres.
  • Le pouvoir législatif est partagé entre le roi qui a seul l'initiative des lois et deux chambres. La Chambre des pairs, composée de nobles du Royaume, est nommée par le roi (à vie et héréditairement) et la Chambre des Députés des départements est élue au suffrage censitaire (les députés payent plus de 1000 francs d’impôts directs, les électeurs plus de 300), renouvelable par cinquième chaque année. La Chambre des députés peut être dissoute par le Roi. Les chambres obtiennent progressivement le droit d'adresse et la capacité de poser des questions au gouvernement et ainsi le mettre en difficulté, sans que cette mise en difficulté entraîne nécessairement sa démission.
  • Le pouvoir judiciaire est confié à des juges nommés par le roi et inamovibles ; l’institution du jury est confirmée. Tous les codes restent en vigueur. Le roi garde un pourvoir judiciaire important.
  • La noblesse ancienne est rétablie dans ses titres, la noblesse impériale conserve les siens. La noblesse ne confère « aucune exemption des charges et des devoirs de la société ».
  • Le droit de suffrage est accordé aux hommes d'au moins trente ans et une condition de cens (300F de contributions directes) leur est imposée. En effet, il n'était pas question, à l'époque, d'établir le suffrage universel parce que l'électorat était considéré comme une fonction sociale. Même les libéraux n'y étaient pas partisans, et c'est pourquoi on décida d'adopter le suffrage censitaire.

*****************

 

TRES INTERESSANT SOUVENIR HISTORIQUE RELATIF AUX CENT-JOURS

 

RAPPEL HISTORIQUE :

 

  • 26 février 1815 – Départ de Napoléon de l'île d'Elbe, à neuf heures du soir, sur le brick L'Inconstant, accompagné d'une flottille de quatre trois-mâts et deux felouques sur lesquels embarquent sept-cents hommes munis de quatre pièces de canons.
  • 1er mars 1815 – Débarquement à Golfe-Juan, entre Cannes et Antibes. Napoléon proclame que l'Aigle va « voler de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame ». Ce jour commence, selon le mot de François-René de Chateaubriand, « l'invasion d'un pays par un seul homme ». – 4 mars 1815 – Arrivée à Digne. – 5 mars 1815 – À midi, arrivée de Napoléon à Sisteron. À onze heures du soir, entrée à Gap. Le gouvernement est informé du débarquement de Napoléon.
  • 6 mars 1815 –Louis XVIII préside un conseil des ministres pour traiter du retour de Napoléon. Le roi demande la convocation des Chambres. Une ordonnance royale déclare Napoléon traitre et rebelle; tous les commandants de la force armée devront lui « courir sus », le traduire devant un conseil de guerre et le fusiller sur simple constatation de son identité.
  • 7 mars 1815 – La nouvelle du départ de Napoléon de l'île d'Elbe arrive à Vienne (Autriche). Premier ralliement de troupes royales, à Laffrey. Entrée à Grenoble dans la soirée.
  • 10 mars 1815 –Napoléon entre à Lyon avec sept mille hommes ; la population lui fait un triomphe.
  • 11 mars 1815 – Napoléon passe en revue ses troupes sur la place Bellecour ; il prend des décrets pour rétablir le drapeau tricolore, dissoudre les Chambres de Louis XVIII et ordonner à tous les émigrés rentrés après le 1er janvier 1814 de sortir immédiatement de l'Empire ; il quitte Lyon à midi. Le congrès de Vienne déclare :« Napoléon Bonaparte s'est placé hors des relations civiles et sociales et comme ennemi et perturbateur du monde, il s'est livré à la vindicte publique ».
  • 13 mars 1815 – Napoléon quitte Lyon, vers Mâcon, Chalon-sur-Saône et Dijon.

 

Discours du roi Louis XVIII aux deux Chambres réunies le 16 mars 1815 :

 

" Messieurs,

 

Dans ce moment de crise, où l'ennemi public a pénétré dans une portion de mon royaume, et qu'il menace la liberté de tout le reste, je viens au milieu de vous resserrer encore les liens qui, vous unissant avec moi, font le force de l'Etat; je viens en m'adressant à vous, exposer à toute la France mes sentiments et mes vœux.

J'ai revu ma Patrie; je l'ai réconciliée avec toutes les Puissances Etrangères, qui seront, n'en doutez pas, fidèles aux Traités qui nous ont rendus à la paix; j'ai travaillé au bonheur de mon peuple; j'ai recueilli, je recueille tous les jours, les marques les plus touchantes de son amour; pourrai-je à 60 ans, mieux terminer ma carrière qu'en mourant pour sa défense.

Je ne crains donc rien pour moi mais je crains pour la France :

Celui qui vient d'allumer parmi nous les torches de la Guerre civile, y apporte aussi le fléau de la guerre étrangère; il revient mettre notre Patrie sous son joug de fer; il vient enfin détruire cette Charte constitutionnelle que je vous ai donnée,- cette Charte, mon plus beau titre aux yeux de la postérité; cette Charte que tous les Français chérissent, et que je jure ici de maintenir.

Rallions-nous donc autour d'elle ! Qu'elle soit notre étendard sacré! Les descendants d’Henri IV s'y rangeront les premiers; ils seront suivis de tous les bons Français. Enfin Messieurs, que le concours des 2 Chambres donne à l'autorité toute la force qui lui est nécessaire; et cette Guerre vraiment Nationale prouvera, par son heureuse issue, ce que peut un grand peuple, uni par l'amour de son roi et de la Loi Fondamentale de l'Etat. "

 

La séance s'achève en délire avec la promesse du souverain : «Quoi qu'il arrive, je ne quitterai pas mon fauteuil. La victime sera plus grande que le bourreau.»

 

  • 18 mars 1815 – La Chambre des Députés déclare que la guerre contre Napoléon Bonaparte est « nationale ».
  • 19 mars 1815 – Louis XVIII s'adresse à l'armée pour lui demander de rester fidèle, tout en promettant pardon et oubli aux « enfants égarés ». En fin de journée Louis XVIII déclara: «Je vois que tout est fini sur ce point. Ne nous engageons pas dans une résistance inutile. Je suis résolu à partir,» Vers 23h30, sous la pluie, ses voitures viennent se placer dans la cour des Tuileries. Le roi sort, soutenu par Blacas et le duc de Duras. Dans un élan commun, tous les fidèles présents tombent à genoux en pleurant. Alors, Louis XVIII : «Mes enfants, de grâce, épargnez-moi, j'ai besoin de force. Je vous reverrai bientôt. Retournez dans vos familles»... Personne ne bouge. C'est alors que le vieil homme perd son sang froid : «Je l'avais prévu, je ne voulais pas les voir. On aurait dû m'épargner cette émotion !» Il monte avec difficulté en voiture et, après un dernier geste d'adieu, le convoi qui emporte la royauté se met en marche.
  • 20 mars 1815 – Napoléon 1er arrive à Fontainebleau à quatre heures du matin et entre triomphalement à Paris, le jour anniversaire de la naissance du Roi de Rome. A neuf heures du soir il est dans la cour du château des Tuileries et constitue aussitôt le gouvernement.
  • 23 mars 1815 – Louis XVIII publie depuis Lille une ordonnance qui commande à tout Français de désobéir à un ordre de mobilisation émanant de Napoléon Bonaparte.
  • 25 mars 1815 – Les lois votées par les assemblées révolutionnaires contre les Bourbons sont réactualisées. Le traité de Vienne unit les Alliés contre Napoléon 1er.
  • 30 mars 1815 - Louis XVIII parvient à Gand aux Pays-Bas.

Les Bourbons ont été dispersés par le vol fulgurant de l'Aigle : le comte d'Artois et le duc de Berry rejoignent le Roi à Gand, le prince de Condé est à Bruxelles, les Orléans à Londres et le duc de Bourbon en Espagne. Seuls la duchesse et le duc d'Angoulême avaient mis tous leurs efforts en action afin de contrer l'Usurpateur. Néanmoins, ils se révélèrent vains et ils durent quitter la France, le 3 avril pour l'Angleterre puis le16 avril pour l'Espagne.

Le comportement héroïque de la duchesse d'Angoulême qui, se transformant en véritable général, haranguait et passait en revue des troupes hostiles à sa cause, fit dire à Napoléon : «C'est le seul homme de la famille.»

 

  • 6 juillet 1815 – Entrée des troupes alliées dans Paris.
  • 7 juillet 1815 – Mise en place par le comte d'Artois, futur Charles X, du ministère Talleyrand-Fouché.
  • 8 juillet 1815 – Retour de Louis XVIII à Paris ; il est accueilli par le comte Gilbert de Chabrol de Volvic, préfet de la Seine ; c'est ce dernier qui utilise pour la première fois l'expression "Les Cent-Jours" pour qualifier la période du 20 mars au 22 juin 1815.
  • 13 juillet 1815 – Apprenant que Fouché, qui lui avait promis un passeport pour émigrer aux Etats-Unis d'Amérique, compte en fait le livrer aux royalistes, Napoléon 1er se résigne à se rendre aux Anglais.
  • 15 juillet 1815 – Napoléon 1er embarque à Rochefort sur le HMS Bellerophon, commandé par le capitaine Frederick Maitland, qui appareille vers l'Angleterre.

7 août 1815 – Napoléon 1er est transféré à bord du HMS Northumberland, qui appareille à destination de Sainte-Hélène, île située au milieu de l'Atlantique sud.

 

Louis XVIII prêtant serment à la Charte de 1814, Gravure
Louis XVIII prêtant serment à la Charte de 1814, Gravure
Louis XVIII prêtant serment à la Charte de 1814, Gravure
Louis XVIII prêtant serment à la Charte de 1814, Gravure
Louis XVIII prêtant serment à la Charte de 1814, Gravure

Partager cet article

Repost 0
Published by desarnaud-antiquaire - dans Souvenirs historiques
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : desarnaud-antiquaire.over-blog.com
  • desarnaud-antiquaire.over-blog.com
  • : Tableaux, Dessins, Estampes, Sculptures, Mobilier et Objets d'Art du XIXème Siècle, avec un accent particulier pour les époques Empire - Restauration Charles X - Louis Philippe.
  • Contact

Retour à la page d'accueil

 450410-1assiette-or-2n 

   

Recherche

Au coeur du Carré Rive Gauche

Galerie Desarnaud

Nicolas Megnier-Perbet

5, rue de beaune

75007 PARIS

01 42 61 78 74

galeriedesarnaud@yahoo.fr

 

La galerie est ouverte du mardi au samedi, de 14 h à 18 h.

Le matin sur rendez-vous .

 

La galerie a été crée en hommage à Marie Jeanne Rosalie Desarnaud (1775-1842), fondatrice de "L'Escalier de Cristal" au Palais-Royal, célèbre sous la Restauration pour ses objets de cristal montés sur bronze doré. Outre du cristal des manufactures de Montcenis-Le Creusot, Baccarat, Vonèche... la galerie vous présente une sélection de dessins et de tableaux néo-classiques et romantiques, de sculptures, de mobilier et d'objets d'art de la première moitié du XIXème siècle avec un accent particulier pour le Charles X.

Nicolas Megnier-Perbet, diplomé de l'Ecole du Louvre et de Paris-IV Sorbonne, sera heureux de vous recevoir pour vous faire découvrir ses trouvailles.

 

note importante :

Par mesure de sécurité tous les objets ne sont pas conservés à la galerie. Si vous souhaitez voir un objet précis, merci de me contacter avant votre visite.