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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 23:31

 

 

D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle

 

D'après BENVENUTO CELLINI

(Florence 1500 - 1571)

 

"Persée Tenant la tête de Méduse".

 

Importante et rare sculpture en bronze patiné d'après la célèbre sculpture de Cellini réalisée en 1554 et conservée à la Loggia dei Lanzi, Piazza della Signoria à Florence.

Socle en bronze patiné et pieds à décor d'enroulements et feuilles d'acanthe en bronze doré.

 

ITALIE, MILIEU DU XIXème SIECLE.

 

Dimensions :

Hauteur 83 cm.

Longueur 31 cm.

Socle 17,8 cm de coté.

 

Cette sculpture est considérée comme l'un des chefs-d'oeuvre de la Renaissance Italienne.

 

L'oeuvre :

 

En 1545, Cellini quitte la cour de François 1er pour retourner à Florence. Le duc Cosme 1er de Toscane le prend à son service et lui commande une statue à ajouter aux chefs-d’œuvre, dont le David de Michel-Ange, qui ornent déjà la Piazza della Signoria.

Le sujet choisi est le mythe de Persée. Ce mythe est riche en thèmes (les exploits d’un héros, le destin inévitable, la malédiction, le triomphe sur la monstruosité, etc.) que Cosme 1er, désireux de laisser une forte empreinte à Florence, désire exploiter. Le héros Persée, en effet, ne craint aucun adversaire et triomphe de toutes les épreuves. Cosme 1er demande que la tête de Méduse soit brandie dans les airs par Persée, illustration du triomphe du bien sur le mal et symbole de la victoire des Médicis sur les républicains de Florence qui les avaient expulsés de la ville en 1494.

Le mythe de Persée et de Méduse :

Un oracle, ayant prédit à Acrisios, roi d’Argos et père de Danaé que l’enfant qu’elle portera un jour sera la cause de sa mort, il l'enferma dans une tour.

Mais Zeus, sous la forme d’une pluie d’or, put s’unir à elle, et de leur union naquit Persée.

Acrisios enferma la mère et l’enfant dans un coffre qui fut jeté dans la mer. Ils furent sauvés par un pêcheur de l’île de Sériphos dont le roi Polydectès s’éprit de Danaé.

Pour se débarrasser de Persée, devenu grand, et qui protégeait sa mère de ses assiduités, il l’envoya tuer la Méduse puis le chargea de lui rapporter sa tête

Méduse est une des trois effroyables Gorgones, mais la seule mortelle.

Elle est le plus souvent représentée avec une chevelure entrelacée de serpents, la bouche grande ouverte, et son regard a le pouvoir de pétrifier. Mais elle est aussi une très belle jeune fille dont la déesse Héra, femme de Zeus, jalouse, changea sa magnifique chevelure en serpents.

Avec l’aide d’Athéna et de Hermès, Persée put se procurer le casque d’invisibilité, des chaussures ailées, un sac pour y mettre la tête de Méduse ainsi qu’un sabre court en acier très dur. Athéna lui remit aussi un bouclier de bronze poli. Grâce à son casque qui le rendait invisible, Persée put entrer dans la caverne où dormaient les trois Gorgones. Evitant les deux sœurs immortelles, Sthéno et Euryane, et fuyant le regard direct de Méduse, il se servit de son bouclier comme d’un miroir pour la repérer et lui couper la tête. Grâce à ses chaussures ailées, il réussit à fuir les deux sœurs qui le poursuivaient. Après de nombreuses aventures, il retrouva sa mère à Sériphos pétrifia Polydectès en sortant la tête de Méduse de son sac. Athéna récupéra cette tête pour la placer sur son bouclier, l’Egide.

 

Biographie de Benvenuto Cellini :

 

Benvenuto Cellini est né à Florence. Son père, Giovanni Cellini, fils d'un maçon, est musicien et facteur d'instruments. Il épouse Maria Lisabetta Granacci, dont il a plusieurs enfants, Benvenuto étant le second, ainsi nommé parce que son père s'attendait à avoir une fille. Son père tenta de l'orienter initialement vers une carrière musicale, le jeune Benvenuto montrant des prédispositions pour la flûte et le chant.

En 1515, Benvenuto est admis comme apprenti dans l'atelier d'orfèvrerie de Michelangelo Brandini (père du sculpteur Baccio Bandinelli qui deviendra le rival de Cellini), puis dans celui de Marconi. Après quelques années, le Conseil des Huit de Florence décide de l'exiler pour son implication dans différentes altercations. Il vagabonde à Bologne, Pise, Rome et étudie chez différents orfèvres, avant de se retrouver à Rome en 1522.

Les années à Rome :

Le pape Clément VII le remarque et le fait venir à ses côtés. Cellini reçoit plusieurs commandes pour des vases en argent, des chandeliers et des aiguières qu'il fabrique avec un soin qui lui attire les éloges. Cette période prospère prend brutalement fin avec l'invasion des troupes impériales de Charles Quint. Cellini se signale par sa bravoure, pendant le sac de Rome en 1527, en défendant le chateau Saint-Ange assiégé par le connétable Charles III de Bourbon, qu'il tua, dit-il, lui-même d'un coup d'arquebuse; d'autres historiens évoquent le geste d'un prêtre dénommé Brantome.

Après la reddition, Cellini doit retourner à Florence, mais il revient bientôt, appelé par le pape Clément VII qui lui commande un important travail, un fermail pour sa chape. Ce magnifique bijou en or, serti de pierres précieuses, sera fondu en 1797 dans le cadre du traité de Tolentino afin de défrayer une partie des indemnités dues par le pape Pie VI à Napoléon. La commande du fermail lui attire cependant l'inimitié d’un autre orfèvre, Pompéo de Capitanis, jaloux du succès de Cellini. L'animosité entre les deux hommes augmente au point où Cellini assassine Pompeo en pleine rue. Protégé un temps par le nouveau pape, Paul III, Cellini est finalement accusé d'avoir volé des pierres précieuses appartenant au trésor papal durant le siège de Rome. Emprisonné, mais s'estimant victime d’une injustice, Cellini réussit à s'échapper. Il se fracture cependant la jambe, est de nouveau arrêté et enfermé au château Saint-Ange. Il n'en sortira que plusieurs mois plus tard, grâce au cardinal Hippolyte II d'Este de Ferrare qui intercède auprès de Paul III.

À la cour de François Ier :

À sa libération, en 1540, Cellini se rend en compagnie du cardinal à la cour du roi de France François 1er qui souhaite le prendre à son service. Le roi lui commande une série de douze porte-flambeaux, grandeur nature, destinés à éclairer sa table. Soucieux de bien faire et de prouver sa valeur, Cellini se disperse dans plusieurs réalisations. Seul le porte-flambeau en argent à l’effigie de Jupiter, aujourd’hui perdu, verra le jour. Il se considère comme un artiste incompris, son caractère colérique et orgueilleux lui valant d'être surnommé « maledetto fiorentino » (maudit florentin).

Cellini profitera de ses installations pour expérimenter la technique de la fonte en bronze. Il réalise un buste de Jules César, ainsi que la célèbre Nymphe de Fontainebleau, conservée au Louvre. Ce relief de quatre mètres de large était destiné au tympan de la Porte dorée du château de Fontainebleau et devait s'inscrire dans un ambitieux projet de recomposition de la principale entrée de la résidence royale. Cellini n'eut cependant pas le temps de terminer la fonte des piédroits, qui devaient prendre la forme de deux satyres, et la Nymphe ne fut jamais posée à Fontainebleau.

Il signe également son chef-d’œuvre d’orfèvrerie, la salière représentant Cybèle, déesse de la terre et Neptune, dieu de la mer. Entre les deux, un récipient en forme de barque est prévu pour le sel, rencontre de la Mer et de la Terre. Des boules d’ivoire encastrées sous le socle permettent de déplacer la salière sur la table, au gré des convives. La salière, qui mesure trente-cinq centimètres de large par vingt-cinq de haut, constitue l’unique objet d’orfèvrerie de Cellini qui n’a pas été perdu.

Le retour à Florence et le Persée :

Mais bientôt, soumis à des intrigues et impliqué dans des poursuites, Cellini tombe en disgrâce, surtout à cause de la duchesse d'Etampes qui le déteste. En 1545, il se résout à retourner à Florence où Cosme 1er de Toscane le prend à son service. Il lui commande une statue de Persée à ajouter aux chefs-d’œuvre qui ornent déjà la Piazza della Signoria.

Le défi était de taille. En raison des éléments trop fragiles (ailes des sandales et du casque, sabre à la lame recourbée, bras tendu tenant la tête de Méduse, etc.) pour les sculpter dans le marbre, Cellini décide de recourir au bronze, en dépit de la hauteur projetée de six mètres. La technique de fonte des bronzes de grande taille était cependant perdue depuis l'Antiquité. Des bronzes équestres comme le Marc Aurèle étaient devenus des énigmes techniques. Aussi, pour faciliter la réalisation, ainsi que pour des raisons esthétiques, il coupe en deux la hauteur totale de la statue. Du pied droit de Persée à la tête de Méduse, la hauteur retenue est de 3,15 mètres, le reste étant dédié à un socle en marbre de 3 mètres pour la statue. De plus, comme la statue devait être placée sous une arcade, et non dos à un mur, il devait s'assurer que la statue soit harmonieuse de tous les points de vue possibles.

Après neuf ans d'efforts, d'obstacles et de tensions de toutes sortes, l'œuvre est enfin dévoilée au public le 27 avril 1554. Le Persée vaudra à Cellini l'admiration unanime. Mais malgré ce succès, la tension avec le duc demeure vive. De fait, Cellini ne recevra plus aucune commande d'importance.

Les dernières années :

Durant ses dernières années, Cellini écrit ses Mémoires sous le titre Vie de Benvenuto Cellini par lui même. Ils furent rédigés de 1558 à 1567, puis il les interrompt pour publier, à Florence en 1568, le Traité sur la sculpture et la manière de travailler l'or. Son autobiographie est un récit vivant et coloré, parfois rocambolesque, des multiples péripéties de son existence. Elle reste l'une des autobiographies les plus célèbres de la Renaissance.

Il sculpte en 1556-1557 sa dernière œuvre majeure, un Crucifix de marbre qu'il destine à l'origine à son propre tombeau. Le crucifix est composé de deux blocs, un en marbre noir de Carrare, l'autre en marbre blanc à grain très fin. Le bloc noir servit à tailler la croix ; le blanc, le Christ, grandeur nature. Le Christ est représenté entièrement nu, dans une position douloureuse et très expressive, et dans la veine maniériste de l’époque. Le duc Cosme 1er, impressionné par le résultat, l’acheta à Cellini. Le duc François 1er de Médicis le fera ensuite installer en 1565 au Palais Pitti, avant de l'offrir au roi Philippe II d'Espagne. Il est aujourd'hui exposé à l'Escurial.

Benvenuto Cellini meurt le 13 février 1571 et il est enterré à Florence dans l'église de Santissima Annunziata.

 

 

D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
D'après Benvenuto Cellini, Persée Tenant La Tête de Méduse, Bronze, 19ème Siècle
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Published by desarnaud-antiquaire - dans Sculptures
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