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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 07:56

 

 

Miniature d'après Vigée-Lebrun, Madame Perregaux, vers 1830

 

Très belle miniature sur ivoire: 

 

"Portrait de Madame Jean-Frédéric Perregaux née Adélaide Harenc de Presle de Surville"

 

D'après Elisabeth Vigée-Lebrun (Paris 1755-1842).

 

Cette miniature est inspirée du célèbre portrait de Madame Perregaux réalisé en 1789 par Elisabeth Vigée-Lebrun et conservé à Londres à la Wallace Collection.

Important cadre en métal doré repoussé à riche décor de rinceaux, de cartouches, de fleurs et de feuilles d'acanthe.

 

 

EPOQUE RESTAURATION - VERS 1830.

 

 

Dimensions :

Miniature seule 9 cm x 7,3 cm.

Cadre 21 cm x 19,3 cm.

 

 

BIOGRAPHIES DES PERREGAUX :

 

Adélaide Harenc de Presle de Surville (Paris 1757-1794) était la fille d'un banquier et grand collectionneur de tableaux. Elle était aussi une amie proche d'Elisabeth Vigée-Lebrun qui lui réalisa un de ses plus beaux portraits.

Adélaide se maria en 1779 à Jean Frédéric Perregaux (1744-1808).

Jean Frédéric Perregaux est l’aîné des sept enfants de François-Frédéric Perregaux, lieutenant-colonel du département de Val-de-Ruz en Suisse qui avait été jusqu’en 1740 officier au service de la France. Il fait l’apprentissage du commerce et de la finance à Mulhouse, à Amsterdam et à Londres, puis il s’installe à Paris en 1765 où il travaille pour Jacques Necker et fréquente le célèbre salon de l'Hotel Thellusson.

En 1781, il fonde sa propre banque en s’associant au banquier Jean-Albert Gumpelzhaimer, ancien correspondant à Paris de plusieurs banquiers européens. Il devient un homme riche, jouant au mécène éclairé, avec une prédilection pour le théâtre, l’opéra, et les jolies femmes.

Il fréquente alors la famille Le Normand, l’ex-mademoiselle O'Murphy maitresse de Louis XV et son amant Claude Antoine de Valdec de Lessart, futur ministre des Affaires Etrangères, le riche aristocrate anglais Whitehill, ancien gouverneur de Madras, le poète André Chénier et sa famille, le comte d'Antraigues, tous les habitués de l’atelier d’Elisabeth Vigée-Lebrun parmi bien d’autres, tous voisins ou amis. Le banquier Perregaux est le plus mondain des banquiers de cette époque.

Perregaux est le banquier des voyageurs français ou étrangers venus à Paris, se constituant, au fil des années, une clientèle luxueuse. Comme on le voit dans son livre de compte produit au décès de son épouse chez le notaire Gobin, en 1794, il est le banquier des diplomates et riches aristocrates anglais comme Lord Cholmondeley, Lord Elgin, Quentin Crawford et William Beckford, d’espions comme le comte Berthold de Proly et de jolies femmes comme les courtisanes Rosalie Duthé ou Théroigne de Méricourt, également de Eléonore Sullivan et surtout de Mme Grant, la future femme de Charles-Maurice de Talleyrand loge longtemps chez le beau-père de Perregaux lorsque, venant de Calcutta, elle arrive à Paris en 1782.

Avant la Révolution, Perregaux entretient des relations avec deux puissants amis de la liberté, le marquis de La Fayette et Thomas Jefferson, ministre plénipotentiaire à Paris.

En 1785, la comtesse du Lau lui vend le chef d'oeuvre de l'architecte Claude Nicolas Ledoux , l’ex-Hotel de Mademoiselle Guimard, le plus bel hôtel particulier de la rue de la Chaussée-d'Antin, dont il fait sa résidence.

En 1787, Perregaux fait appel au jeune Basque Jacques Laffitte appelé à devenir un des plus grands financiers du XIXe siècle.

Pendant la Révolution, il spécule sur les blés, probablement aussi sur les fonds importants qui lui étaient confiés par les émigrés et qu’il se chargeait de transférer à l’étranger où il avait des correspondants dans presque toutes les capitales. Il spécule surtout sur les événements de la Révolution qui, sur le plan international, pourraient permettre, à terme, d’avancer les affaires de l’Angleterre et de la Suisse, donc les siennes propres. Lui et les siens, la banque suisse en général, avaient de gros intérêts à Londres.

Son influence souterraine sous la Révolution conduit Jean-Frédéric Perregaux à être incarcéré quelques jours, du 7 au 12 septembre 1793, mais il sortit de prison grâce à la protection discrète et puissante de Barère de Vieuzac, inamovible rapporteur au Comité de Salut Public. Atteinte d’un cancer depuis dix-huit mois, sa femme, Adélaïde Harenc de Presle mourut peu après le 22 janvier 1794 à Paris. Il n’eut guère le temps de la pleurer car, impliqué dans l’affaire du duc du Châtelet, Perregaux eut tout juste le temps de fuir en Suisse grâce à l’opportunité d’une mission que Barère lui confia au nom du Comité de Salut Public. En son absence, ses registres et ses livres de compte furent saisis.

À Paris, sous le Directoire, où il reprend ses activités de banque, Perregaux est fortement suspecté d’appartenir au parti clichyste qui préparait un coup d’État pour mettre Louis XVIII sur le trône. À ce titre, il est placé sous surveillance et fait l’objet de plusieurs rapports de police.

Perregaux, dont la fille Hortense a épousé le général Marmont, se rapproche de Charles-Maurice de Talleyrand, le nouveau ministre des relations extérieures. Il sera désormais le banquier des agents secrets de la diplomatie assez particulière et cloisonnée de Talleyrand.

Le 26 décembre 1799, Napoléon Bonaparte le nomma au Sénat conservateur.

Régent de la Banque de France le 13 février 1800, puis Premier Régent du premier siège, il le resta jusqu’à sa mort. Le 18 octobre 1801, il fut également nommé Président du Comité Central de cette même Banque de France.

En 1806, il crée la société Perregaux et Cie avec Jacques Laffitte qui est son bras droit et principal administrateur depuis le début de la Révolution.

Tenu en méfiance par l’Empereur, Perregaux épouse la disgrâce de Talleyrand.

Il meurt le 17 février 1808 dans son magnifique château de Viry-Châtillon, bâtisse provenant de la duchesse de Mazarin puis du comte de Sartines qui le lui avait vendu sous le Directoire.

Il est inhumé le 22 au Panthéon. Le caveau familial des Perregaux est au cimetière du Père-Lachaise.

 

Adélaide et Jean Frédéric eurent deux enfants : Alphonse et Anne Marie Hortense.

Anne Marie Hortense (1779-1857) épousa Auguste Frédéric Louis de Viesse de Marmont, duc de Raguse, maréchal d'Empire et Pair de France (1774-1852).

Alphonse (1785-1841), banquier comme son père, entra comme auditeur des finances au Conseil d'Etat puis auditeur auprès du ministre du Trésor Public en 1805. Il fut ensuite auditeur de première classe en service ordinaire près des ministres des Finances et du Trésor Impérial et il assista aux séances du Conseil présidées par l'Empereur dont il fut aussi le chambellan et qui le titra comte de Perregaux. Il resta en dehors de toute fonction publique pendant la Restauration. Officier supérieur de la Garde Nationale parisienne après les Trois Glorieuses, il fut promu Pair de France en 1831. Il avait épousé en 1813 Adèle Elisabeth Mac Donald de Tarente (1794-1822), fille du maréchal de France. Un de leurs fils Edouard de Perregaux fut le mari de Marie Duplessis (1824-1847) qui servit de modèle à Alexandre Dumas Fils pour la Dame aux Camélias.

 

 

Miniature d'après Vigée-Lebrun, Madame Perregaux, vers 1830
Miniature d'après Vigée-Lebrun, Madame Perregaux, vers 1830
Miniature d'après Vigée-Lebrun, Madame Perregaux, vers 1830
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Miniature d'après Vigée-Lebrun, Madame Perregaux, vers 1830

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