Mardi 1 mai 2012
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Rare et belle paire de tasses de modèle "litron" et leurs sous-tasses :
Le Coq et La Poule
Dans les cartouches sont représentés un coq et une poule.
Amusantes bordures représentant des petits lapins à l'intérieur de motifs de lambrequins.
Belle dorure.
Les quatre pièces sont signées des flèches croisées de Locré.
MANUFACTURE DE LOCRE
XVIIIème SIECLE
Dimensions :
Diamètre des sous-tasses 12,7 cm
Diamètre des tasses 6 cm
Hauteur des tasses 6,5 cm
à noter une soucoupe restaurée
Historique de la manufacture de Locré :
Jean Baptiste Locré est né à Paris le 25 octobre 1726. Les Locré formaient une vieille famille aisée de
marchands merciers. A 31 ans il se marie à Liepzig en Saxe où il épouse Christina Carita Hoffmann. Après avoir amassé une somme d’argent assez importante en se livrant en Saxe, probablement, au commerce de galons d’or et d’argent, il rentre à Paris pour
créer une usine de porcelaine, qu’il construit en 1772 et qu’il ouvre le 14 Juillet 1773, 41 rue de la Fontaine-au-Roi.
Locré déposa sa marque dès 1773, deux flambeaux croisés, ce qui amena certaines confusions, dont il semble avoir joué,
avec les porcelaines de Saxe (elle-même marquées de deux épées croisées). Et d’ailleurs le lieutenant de police de Paris Monsieur de Sartine prétendit rapidement que la fabrique de Locré
pouvait soutenir la comparaison avec celle de Saxe ! D’ailleurs l’entreprise réassortissait des services de Meissen.
Sa connaissance de l’Allemagne et la présence de sa femme ont du l’aider
considérablement à recruter des ouvriers porcelainiers allemands, de loin les meilleurs. Le premier embauché est un chef de fabrication du nom de Laurentius Russinger dont le rôle sera très
important dans la vie de la jeune manufacture.
Russinger était né à Höchst, principauté de Hesse, en 1739. Sept ans après sa naissance, sera fondée dans sa ville une des plus
célèbres porcelainerie allemandes de l’époque et comme le jeune Laurentius semble doué pour le dessin, il y entrera comme apprenti à l’âge de 15 ans. Modéliste à 20 ans et Chef d’atelier à 25, il
créera un grand nombre de modèles. En 1768, n’ayant pu obtenir le titre de Chef-modéliste, il part avec sa famille pour Paris. Après une expérience malheureuse à la manufacture de Sceaux, il
rencontra Locré en 1772.
Les débuts de la jeune manufacture furent extrêmement difficiles et il s’en fallu de peu qu’elle ne soit déclarée en faillite
dès Juin 1774, soit onze mois, seulement, après son dépôt de marque.
En effet le coût de création de la manufacture et des modèles a dépassé les prévisions de Jean-Baptiste Locré et il a du
emprunter malgré son important apport personnel ; mais les ventes ne sont pas suffisantes pour rembourser les premières échéances.
De plus, ne travaillant « que dans le riche », on lui interdit pourtant d’employer sur ses pièces l’or et la
peinture. En fait il s’agit d’une intervention de la manufacture de Sèvres qui défend ses privilèges et qui va ainsi empoisonner la vie des porcelainiers parisiens jusqu’à l’abolition des
privilèges dans la nuit du 4 Août 1789.
Jean-Baptiste Locré se sort de cette situation difficile en prenant un commanditaire disposant d’argent frais : Pierre
Jean Martin de Bussy, écuyer, conseiller du Roi.
La manufacture se développe et devient une des grandes parmi les porcelainiers parisiens. Sa collection est importante et bien
diversifiée, tout en restant dans une gamme de prix raisonnables en comparaison avec Sèvres. Sèvres qui néanmoins fait, périodiquement peser de lourdes menaces sur Locré comme sur les autres
manufactures parisiennes.
En 1787, Locré à 67 ans. Fatigué, déçu par les résultats financiers de son entreprise, menacé par Sèvres, il décide de se
retirer en vendant la manufacture à son directeur Laurent Russinger